Date : page réalisée sous l’hégémonie Dreamweaver

Auteur : les anciens

Notes :

  • Pas de contenu manquant
  • Conforme à la mode PEB aout 2008
  • 13-11-2008 : 1er passage de mise en page [liens internes, tdm, en bref !, rapide passage général sur la mise en page de la feuille] – Sylvie
  • 30-03-2009 : Application des nouveaux styles de mise en page. Julien.

Synoptique des systèmes applicables aux locaux d’hébergement

La configuration générale de la ventilation des zones d’hébergement est d’amener de l’air neuf dans les locaux dits « secs » (séjour, chambres, …), de le transférer au travers des locaux à pollution épisodique (circulations, …) et de l’évacuer dans les locaux dits « humides » (sanitaires, cuisines collectives, salle de bain, buanderie, …).
Pour mettre en œuvre cette configuration, la norme propose quatre systèmes de ventilation simplifiés (ceux-ci pouvant prendre une configuration différente en fonction du type de bâtiment traité) :

Système A
(ou ventilation naturelle).
Amenée d’air naturelle.

Évacuation d’air naturelle.

Système B
(ou simple flux avec pulsion mécanique).
Amenée d’air mécanique.

Évacuation d’air naturelle.

Système C
(ou simple flux avec extraction mécanique).
Amenée d’air naturelle.

Évacuation d’air mécanique.

Système D
(ou double flux).
Amenée d’air mécanique.

Évacuation d’air mécanique.

Chambres et sanitaires individuels

Dans les hôtels, auberges, pensionnats, … les plans de type « chambre et sanitaire individuels » présentent très souvent la même configuration : Chaque chambre représente un ensemble autonome composé de 3 zones

  • la chambre proprement dite (à un ou plusieurs lits),
  • la salle d’eau attenante, y compris WC,
  • l’entrée donnant accès aux deux premières zones et au couloir commun à toutes les chambres.

Disposition habituelle de chambres individuelles :
une gaine technique dessert les sanitaires contigus.
Le faux plafond de l’entrée et des sanitaires peut être plus bas que celui de la chambre,
ce qui permet le passage de gaines techniques, notamment pour la pulsion d’air mécanique.

On trouve une configuration équivalente dans les hôpitaux :

Généralement, deux salles d’eau contiguës ont en commun une gaine technique verticale. Un seul conduit d’extraction mécanique est habituellement placé dans celle-ci, desservant à chaque niveau deux ensembles contigus. Un extracteur en toiture peut ainsi reprendre l’extraction de 5 niveaux, c’est-à-dire 10 chambres. L’inconvénient de cette configuration est la transmission acoustique entre les différents ensembles.
L‘air neuf est introduit dans les chambres

  • Soit naturellement, au moyen de grilles autoréglables placées en façade dans les menuiseries ou la maçonnerie (ventilation simple flux). Lorsque l’ambiance extérieure (bruit et pollution limités) le permet, c’est la solution la plus simple à mettre en œuvre.

Grille intégrée entre le vitrage et la menuiserie et intégrée dans la menuiserie.

  • Soit mécaniquement, par un réseau de conduits placé dans le faux plafond des zones de circulation ou dans la gaine technique commune aux extractions. La diffusion de l’air neuf à l’intérieur de chaque bureau est alors obtenue par une grille murale placée au niveau de la retombée des faux plafonds des circulations ou de l’entrée.

Le transfert d’air entre la chambre et la salle d’eau se fait, soit par un détalonnage des portes, soit par des passages appropriés avec grilles à chevrons ou autre.

Grille de transfert d’air.

Chambres individuelles et sanitaires communs

Concevoir

On se retrouve dans une situation semblable à celle des immeubles de bureaux.

Les chambres sont desservies par des circulations donnant également accès à un ou plusieurs complexes sanitaires. Ce type d’agencement donne aux différents principes de ventilation retenus une orientation commune :

L’introduction d’air neuf dans les chambres,
le transfert des volumes d’air introduits via les circulations,
l’évacuation vers l’extérieur de l’air vicié dans les locaux sanitaires.

L’air neuf peut être amené dans les chambres par grilles autoréglables placées en façade dans les menuiseries ou la maçonnerie (ventilation de type C ou simple flux), l’air vicié étant évacué dans les sanitaires au moyen d’un ventilateur d’extraction.

Ventilation des locaux d’hébergement par ventilation simple flux (système C).

Les circuits d’extraction (conduits et ventilateurs) sont, dans la plupart des cas, communs à plusieurs niveaux. Ils sont généralement conçus suivant le principe du « parapluie ». Les conduits verticaux empruntent les gaines techniques également verticales et les conduits horizontaux passent dans l’épaisseur des faux plafonds. Ces ensembles desservent à chaque niveau une ou plusieurs zones sanitaires.
Étant donné l’absence de conduit de distribution vers chaque chambre, l’espace nécessaire aux locaux techniques et aux conduits d’air est peu important. Ceci prend toute son importance en regard des hauteurs de faux plafonds qui n’ont pas à tenir compte du passage de conduits d’air.
Cependant, pour limiter l’influence du vent et des circulations d’air parasites, ce type d’installation ne s’applique qu’aux immeubles de taille moyenne et peu élevés : immeubles de moins de 13 m de haut (hauteur au plancher du dernier étage).
Le système de ventilation D ou double flux, c’est-à-dire équipé d’une pulsion et d’une extraction mécanique, est quant à lui le meilleur en terme de maîtrise des débits dans les locaux : on a la garantie que les chambres sont bien alimentées en air neuf et que l’air vicié des sanitaires est directement évacué vers l’extérieur.

Ventilation des locaux d’habitation par ventilation double flux (système D).

Ce système est pratiquement indispensable dans les immeubles importants en site urbain.
La distribution de l’air neuf est assurée par un réseau de conduits placé dans les faux plafonds des zones de circulation.
La diffusion de l’air neuf à l’intérieur de chaque chambre est obtenue par une grille murale placée au niveau de la retombée des faux plafonds des circulations, ou dans le cas de grandes chambres communes par des diffuseurs plafonniers répartis sur la surface du dortoir.
L’extraction et le transfert se font comme pour le système C.
Concrètement, le choix du système D par rapport au système C sera guidé par :

  • le souhait de garantir une répartition correcte des flux d’air,
  • le besoin de se protéger de l’ambiance extérieure (bruit et pollution),
  • le besoin de préchauffer ou d’humidifier l’air neuf.

Salles de séjour : principe du balayage

La ventilation des salles de séjour attenantes aux chambres doit assurer les débits recommandés par la norme NBN D50-001 (3,6 m³/h.m²). Il n’est cependant pas nécessaire de puiser cet air directement à l’extérieur. On peut appliquer, pour ces locaux, le principe dit « du balayage ». Celui-ci consiste à faire transiter par le séjour, l’air provenant des chambres, avant de l’évacuer dans les sanitaires. Si le débit nécessaire au séjour est supérieur au débit des chambres, des amenées d’air complémentaires doivent être ajoutées dans celui-ci.

Résumé des critères de choix

La norme recommande une ventilation de base permanente ayant pour but d’évacuer les odeurs, l’humidité et les éventuelles substances nocives. Pour ce faire, les systèmes de ventilation naturelle(système A) sont les moins chers. Ils impliquent le placement :

Différents critères conduiront cependant à leur préférer un système mécanique (système B, C ou D) :

Critères de choix d’une extraction mécanique dans les locaux « humides »
 

    • Possibilités d’implantation.
    • Garantie d’évacuation de la pollution spécifique.
  • Protection incendie.
Critères de choix d’une pulsion mécanique dans les locaux « secs »
 

    • Garantie d’amenée d’air neuf.
    • Pollution et bruit extérieurs.
    • Risques de courant d’air.
    • Besoin d’humidifier l’air.
    • Coût.
  • Esthétique.

Cahier des charges 

Apport d’air neuf.

Critère 1 : garantie de résultat

L’efficacité d’une ventilation est sa capacité à évacuer réellement les polluants des locaux. Pour cela, il faut que l’air neuf balaye correctement les chambres et que l’air humide des locaux sanitaires soit directement évacué.
Pour avoir cette garantie, l’idéal est de pulser mécaniquement l’air neuf directement dans les chambres et d’évacuer l’air vicié mécaniquement directement des salles de bains et des toilettes. C’est le système de ventilation de type D.
Les systèmes de ventilation A, B ou C (ventilation naturelleou simple flux), comportant une composante naturelle (amenée et/ou évacuation d’air), ne garantissent pas toujours un renouvellement d’air correct dans tous les locaux.
Prenons l’exemple d’une ventilation de type C, avec une extraction mécanique dans des sanitaires communs aux différentes chambres.
L’air est paresseux, il préférera toujours le chemin le plus facile pour se mouvoir. Ainsi, s’il doit choisir entre les grilles placées dans les châssis des chambres et un hall d’entrée (ou une fenêtre, …) largement ouvert vers l’extérieur, il est plus que probable que l’air extrait par les sanitaires provienne de ce dernier, plutôt que des chambres. Celles-ci ne seront alors pas ventilées correctement.

Ce phénomène est aggravé en présence de couloirs ouverts vers une cage d’escalier ou un hall d’entrée, en présence de fenêtres et portes ouvertes dans certaines chambres ou couloirs et en absence de moyens de transfert d’air au niveau des portes (grilles, détalonnage des portes).
De plus, les flux d’air véhiculés par les systèmes naturels ou simple flux sont dépendants des conditions atmosphériques (répartition du vent, des températures sur les façades) et donc difficilement contrôlables. Il est par exemple, possible que le flux d’air s’inverse dans une grille autoréglable si celle-ci est disposée sur une façade à l’abri des vents dominants (c’est-à-dire sur une façade en dépression); en effet, ce type de grille permet de limiter l’ouverture d’entrée d’air si elle est soumise à la pression du vent. Par contre, elle n’empêche pas un reflux d’air si elle est à l’abri du vent.
Le seul moyen de garantir un apport d’air neuf dans les chambres est donc d’y pulser de l’air mécaniquement. De même, le seul moyen de garantir l’évacuation directe de l’air vicié des sanitaires est d’en extraire l’air mécaniquement. C’est ce qu’on appelle une ventilation double flux.

Le système de ventilation ne fonctionnera correctement que si le bâtiment est relativement étanche à l’air.

Dans son article « La ventilation et l’infiltration dans les bâtiments : la situation en Belgique » (1986), le CSTC, recommande d’améliorer l’étanchéité du bâtiment avant d’installer un sytème de ventilation contrôlée pour un taux de renouvellement de l’air à 50 Pa (β50) inférieur à 5/h.

Étanchéité à l’air 

Pour évaluer l’étanchéité du bâtiment, cliquez ici !

Critère 2 : qualité de l’ambiance extérieure

Si l’ambiance extérieure est particulièrement polluée et/ou bruyante (site urbain, industriel, route fort fréquentée, parking avec heures de pointe), les amenées d’air neuf doivent obligatoirement comporter des filtres et une isolation acoustique.
Notons que les locaux les plus sensibles au niveau de la pollution des routes sont les locaux situés à moins de 10 m du sol.
Les amenées d’air naturelles, même équipées de systèmes d’insonorisation laissent cependant filtrer les bruits extérieurs et surtout les poussières. Des recherches sont cependant menées pour améliorer les qualités acoustiques, de filtration et d’automatisation des entrées d’air naturelles. A terme, elles devraient conduire au développement sur le marché de produits permettant une protection contre la pollution extérieure et une régulation semblables à celles possibles en ventilation double flux.
Dans les sites urbains fort fréquentés et/ou pour certains locaux demandant une pureté de l’air plus importante (salles d’ordinateur, hôpitaux, …), une pulsion mécanique, équipée de filtres s’impose donc, la prise d’air extérieure pouvant être disposée dans l’endroit moins exposé (à l’arrière du bâtiment ou en toiture).

Concevoir 

Pour choisir l’emplacement de la prise d’air neuf, cliquez ici !

Critère 3 : possibilités d’implantation

Les 4 systèmes proposés se différencient par leur encombrement et les modifications qu’ils imposent dans un bâtiment existant, dans un bâtiment neuf, les libertés étant plus grandes.
Les systèmes Aou C sont les plus faciles à implanter.
Ils ne demandent aucun gainage. Le système A demande cependant la création de conduits verticaux d’évacuation dans les locaux humides. Ceux-ci doivent respecter certaines prescriptions quant à leur tracé et leur débouché en toiture. Ce système peut donc être plus difficile à mettre en œuvre que l’extraction mécanique. Cette dernière devra d’ailleurs être choisie si une évacuation naturelle correcte ne peut être réalisée.
La pulsion mécanique impose, quant à elle, une distribution de l’air dans tous les locaux via un gainage.
Rappelons que dans le cas d’une pulsion mécanique, la norme NBN D50-001 n’impose pas que l’air alimentant les salles de séjour provienne directement de l’extérieur. Il peut provenir des chambres, des locaux d’étude et de loisir, des couloirs, des cages d’escalier, des halls. Ceci a l’avantage de diminuer les débits totaux d’air neuf à injecter dans le bâtiment et de préchauffer l’air avant son entrée dans les locaux de séjour. Dans les chambres et les locaux d’étude et de loisir, seul l’air extérieur est autorisé.
Dans les locaux aveugles, il n’est généralement pas possible de réaliser des amenées d’air naturelles correctes, ce qui impose la pulsion mécanique.

Critère 4 : besoins en chauffage ou en humidification

Faut-il préchauffer l’air de ventilation ?

Même lorsque la température extérieure est basse, les débits d’air neuf demandés dans des chambres ne devraient en principe pas provoquer d’inconfort thermique bien qu’introduit par des amenées d’air naturelles, ce, si certaines précautions élémentaires sont prises : placer les grilles à plus de 1,8 m de haut et au-dessus des émetteurs de chaleur.
Cependant, l’idéal, pour éliminer tout risque est de pouvoir préchauffer l’air neuf à une température minimum (12 .. 16°C, température à régler en fonction des apports de chaleur gratuits). Ce chauffage ne sera possible qu’avec une pulsion mécanique de l’air intégrant une batterie de chauffage.
Dans le cas d’une pulsion mécanique, le préchauffage de l’air neuf a également pour but d’éviter de faire circuler de l’air trop froid dans les conduits, ce qui peut provoquer des condensations.

Concevoir 

Pour choisir le mode de préchauffage, cliquez ici !

Faut-il humidifier l’air de ventilation ?

En hiver, sans humidification de l’air neuf, l’humidité intérieure flirte rapidement avec les limites de confort thermique.
L’humidification de l’air neuf est un poste particulièrement énergivore. Il est dès lors peut-être utile de se demander si une humidification est toujours nécessaire, sachant qu’elle n’est pratiquement possible qu’en association avec un système de ventilation double flux.
Ce n’est d’ailleurs que si la pulsion de l’air est mécanique que le RGPT impose le respect d’une humidité ambiante minimum de 40 %. Dans le cas d’une ventilation simple flux, le RGPT dit simplement qui si c’est possible technologiquement, un dispositif d’humidification permettant d’atteindre une humidité de 40 % doit être mis en œuvre.

Évaluer 

Pour estimer la consommation liée à l’humidification de l’air neuf, cliquez ici !
Prenons un exemple.

La température extérieure est de 0°C pour une humidité relative de 85 % (1) (conditions couramment rencontrées chez nous) :

  • Si cet air est introduit dans une chambre chauffée à 20°C, on peut lire sur le diagramme de l’air humide que son humidité relative chutera à 23 % (2), ce qui est trop sec pour garantir le confort thermique. Si on y rajoute l’humidité produite par un occupant, à savoir environ 50 gr d’eau par h, l’humidité relative montera jusqu’à 33 % (3), soit à la limite des conditions de confort.
  • Par contre, si la chambre est chauffée à 24°C, comme c’est souvent le cas dans les hôpitaux, on n’atteindra plus en final qu’une humidité relative d’environ 25 %, ce qui est insuffisant.

Une humidification de l’air apparaît donc nécessaire pour garantir le confort durant les périodes les plus critiques de l’année (en hiver). Etant donné que les périodes durant lesquelles il existe un risque de voir chuter l’humidité intérieure en dessous du seuil de confort sont généralement courtes, il est recommander d’asservir le fonctionnement de l’humidificateur à la température extérieure. Sous notre climat, on peut par exemple souvent l’arrêter lorsque la température extérieure dépasse 5°C.

Notons qu’humidifier l’air implique aussi automatiquement de le préchauffer sinon, le point de saturation est atteint directement.

Concevoir 

Pour choisir le mode d’humidification, cliquez ici !

Chauffage combiné à la ventilation ou chauffage séparé ?

Dans les anciens immeubles non isolés, la puissance nécessaire au chauffage est telle que le débit de ventilation hygiénique est insuffisant si on veut assurer avec celui-ci un chauffage aéraulique. La séparation des fonctions « ventilation hygiénique » et « chauffage » s’impose d’autant plus que le bâtiment est peu isolé et que les apports internes de chaleur (machines, éclairage, …) sont faibles.
Si on veut combiner ventilation et chauffage, un recyclage partiel de l’air doit être organisé pour augmenter les débits pulsés, ce qui surdimensionne les équipements de ventilation.
Par contre, dans les bâtiments plus modernes, bien isolés, la puissance de chauffage nécessaire se réduit fortement, et avec elle, les débits d’air nécessaires pour un chauffage aéraulique. Dans ce cas, il peut être logique d’envisager la combinaison du chauffage et de la ventilation au sein d’un système double flux. Il n’y a plus alors d’autres sources de chauffage.

Exemple.

Prenons une chambre au sein d’un immeuble. La largeur de façade de la chambre est de 3 m , pour une hauteur de 3 m. La profondeur du local est de 4 m. La chambre est entouré (au-dessus, en dessous et sur les côtés d’autres chambres. La façade est composée de vitrages sur une hauteur de 2 m et de maçonnerie pour le mètre restant. La température intérieure de consigne est de 20°C.

Prenons par exemple, un débit d’air neuf de 3,6 m³/h.m², soit pour cette chambre de 36 m³, 43 m³/h ou un renouvellement d’air de 1,2 vol/h.

En imaginant que la température de l’air pulsé soit au maximum de 35°C, la puissance calorifique maximum transportée par l’air de ventilation est de :

0,34 [W/(m³/h).K] x 43 [m³/h] x (35 [°C] – 16 [°C]) = 278 [W]

Puissance et débit nécessaires pour assurer le chauffage par -9°C extérieur
Type de façade Puissance de chauffage Débit d’air nécessaire (température de pulsion = 35°C)
Mur non isolé, simple vitrage 1 085 [W] 168 [m³/h]
Mur isolé, double vitrage 434 [W] 67 [m³/h]
Mur isolé, double vitrage HR 254 [W] 39 [m³/h]

On voit que pour un bâtiment non isolé, il faut multiplier le débit d’air hygiénique par 4 si on veut combiner chauffage et ventilation. Il est par contre suffisant pour des bâtiments bien isolés.

Critère 5 : protection incendie

L’A.R. du 19 décembre 97 impose que toute paroi séparant un lieux d’occupation d’un chemin d’évacuation (en gros les couloirs) soit classée « Rf 1/2 h ».
Cela signifie que les ouvertures de transfert prévues entre les chambres où l’air neuf est amené et les couloirs par lesquels l’air transiterait vers les sanitaires communs doivent avoir la même résistance au feu.
Cela est possible grâce à des grilles de transfert coupe-feu. Pour ce qui est du détalonnage des portes, cela peut prêter à discussion.
Cependant, si on désire aller plus loin dans l’analyse des risques liés aux incendies, il faudrait également se poser la question du transfert des fumées. En effet, les grilles coupe-feu, comprennent un élément qui bouche la grille lorsque la température dépasse 70°C. Entre-temps, les fumées ont peut-être pu envahir les couloirs.
Bien que cela ne soit pas imposé par la législation, on peut dans ce cas se demander s’il n’est pas nécessaire d’équiper chaque classe d’une amenée et d’une évacuation d’air local par local et d’éviter ainsi tout transfert entre locaux. Ceci est évidemment nettement plus onéreux.
En outre, pour les bâtiments d’une hauteur comprise entre 25 et 50 m, il est imposé de maintenir les cages d’escalier en surpression en cas d’incendie. A cela vient s’ajouter le désenfumage obligatoire des couloirs par pulsion et extraction pour les bâtiments de plus de 50 m de haut. Ces deux exigences se réalisent par un système de ventilation tout à fait indépendant de la ventilation hygiénique qui met en œuvre des débits nettement plus importants, de l’ordre de 10 renouvellements d’air par heure.
Enfin, tous les bâtiments doivent être compartimentés en cas d’incendie. Un compartiment à une superficie de maximum 2 500 m² et est délimité à un étage. Les parois séparant les compartiments doivent être « Rf  min 1 h » (en fonction de la hauteur du bâtiment). Ceci implique notamment que tout transfert d’air entre deux étages est soit interdit (pas de pulsion à un étage et d’extraction à un autre), soit obturable automatiquement (porte coupe-feu automatique, clapet coupe-feu).

Critère 6 : consommation énergétique et coût

Il faut comparer les performances que l’on espère obtenir, l’investissement à consentir et les coûts d’exploitation du système.
Au niveau de l’investissement, plus la mécanisation est importante (de la ventilation naturelle au double flux avec pulsion et extraction dans chaque local), plus l’investissement est important. Il en est de même pour les frais d’exploitation (consommation des ventilateurs, maintenance des réseaux). Les frais de chauffage de l’air neuf sont, quant à eux, les mêmes, si on considère que tous les systèmes permettent d’assurer les débits corrects.
Pour situer la surconsommation électrique d’un système de ventilation mécanique par rapport à un système de ventilation entièrement naturel, on peut citer les chiffres de consommation des ventilateurs couramment rencontrés dans la littérature : pour un système de ventilation double flux, la puissance électrique des ventilateurs dans leurs conditions nominales de fonctionnement est de l’ordre de :

0,25 (installation performante) à 0,75 W (installation médiocre) par m³/h d’air transporté

Par exemple, pour assurer un apport d’air neuf de 2 000 m³/h pendant 8 760 h/an, un système de ventilation mécanique consommera en électricité :

(0,25 [W] .. 0,75 [W]) x 2 000 [m³/h] x 8 760 [h/an] = 4 380 .. 13 140 [kWh/an]

dont une partie se retrouvera sous forme de chaleur dans l’air pulsé.
Vous pouvez estimer la différence de consommation entre les différents principes de ventilation :

  • sur base du climat moyen de Uccle, !

Calculs

    • sur base du climat moyen de St Hubert,
  • cliquez ici !

(Dans ces programmes, il vous sera demandé d’insérer le prix que vous payez par kWh électrique consommé. Si vous ne le connaissez pas, vous pouvez l’estimer grâce aux informations reprises dans la théorie « coût moyen du kWh électrique économisé« ).

Par contre, le système double flux permet une meilleure maîtrise des débits, donc des déperditions de chaleur par ventilation. Les consommations peuvent en outre être réduites si on utilise un récupérateur de chaleur. Cette récupération de chaleur est énergétiquement très intéressante puisqu’elle permet de récupérer plus de 50% de l’énergie rejetée avec l’air extrait.
Notons également que des installations pilotes de ventilation naturelle avec récupération de chaleur ont été réalisées dans le cas du projet de recherche « NatVent » (pour plus de détail : NatVent, Overcoming barriers to natural, CD-Rom, P.Wouters, J.Demeester, CSTC, 02/655 77 11).

Critère 7 : esthétique

Les grilles d’amenée d’air naturelles, doivent s’intégrer dans l’esthétique des façades et demandent un travail de recherche lors de la conception. Les prises d’air et évacuations extérieures des systèmes mécaniques peuvent souvent être disposées dans des endroits moins visibles.

Amenée d’air naturelle disposée discrètement au dessus du châssis, contre la battée.

Ventilation intensive

La norme NBN D50-001 exige, en outre, la possibilité de pratiquer une ventilation intensive des locaux de séjour, des chambres, des locaux d’étude et de loisir et des cuisines, en cas de pollution exceptionnelle (travaux de peinture, nettoyage, nombre de personnes exceptionnellement élevé, surchauffe due à un ensoleillement exceptionnel).
La ventilation intensive requiert des débits importants mais occasionnels. La ventilation mécanique n’est donc pas indiquée pour ce type de ventilation car cela impliquerait un surdimensionnement important d’équipements qui ne serait utile qu’épisodiquement. Seules les cuisines font l’objet d’une ventilation intensive mécanique au moyen de hottes.
La technique la plus indiquée pour la ventilation intensive est l’utilisation des fenêtres et des portes, pratiquant ainsi de grandes ouvertures d’amenée et d’évacuation d’air.
On distingue ainsi plusieurs configurations. Toutes ne sont évidemment pas possibles en fonction du type de bâtiment. On voit par exemple mal ouvrir toutes les portes d’un hôtel occupé, idem dans les hôpitaux :

La ventilation unilatérale par l’ouverture de fenêtres sur une seule façade :
l’air extérieur plus froid rentre par le bas de l’ouverture et l’air intérieur plus chaud sort par le haut.

La ventilation transversale par l’ouverture de fenêtres sur des façades différentes :
les mouvements d’air sont ici créés par les différences de pression dues au vent entre les façades. Les débits atteints sont nettement plus importants que dans le cas de la ventilation unilatérale.

L’effet cheminée par l’ouverture de fenêtres en façade et de lucarnes en toiture :
l’air est évacué par tirage thermique, celui-ci étant d’autant plus important que la hauteur entre les entrées d’air et les évacuations est grande.

Information des utilisateurs

L’organisation de la ventilation est un concept relativement neuf, qui s’oppose aux habitudes des occupants qui géraient leur ambiance intérieure au moyen de l’ouverture des fenêtres.
Si on veut que le système de ventilation choisi joue pleinement son rôle, à savoir assurer la qualité de l’air tout en minimisant la consommation, il est important d’informer les occupants sur le fonctionnement du système.

Un exemple vécu vaut mieux qu’un long discours (exemple transposable à des locaux d’hébergement) :

Dans une école construite en 1999, la ventilation des classes est assurée par des grilles d’amenée d’air disposées dans les châssis.

Après 1 année et demi d’occupation, voici ce que l’on a constaté que :

  • aucun enseignant n’a remarqué la présence des grilles,
  • une grille sur deux est fermée (depuis toujours !),
  • les enseignants ventilent comme ils l’ont toujours fait dans leur ancien bâtiment, c’est-à-dire en ouvrant les fenêtres, pour aérer comme ils disent ...