Le changement climatique…

“Le réchauffement climatique est sans équivoque, et l’essentiel du réchauffement des cinquante dernières années est très probablement dû à l’augmentation observée de la concentration des gaz à effet de serre.”

Voilà ce que déclarait le rapport du GIEC de 2007, Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat.

Comme la plupart des perturbations environnementales actuelles, les émissions toujours plus importantes de Gaz à Effets de Serre, trouvent leurs origines dans nos modes de production et d’utilisation de l’énergie. Ces gaz, comme le CO2, le SO2, les NOx, issus principalement de la combustion d’énergie fossile, de notre activité industrielle et de la déforestation, sont à la base de l’augmentation de l’effet de serre et donc des changements climatiques que nous connaissons.

Le problème de base : la combustion des énergies fossiles

Toute combustion produit du CO2 : C + O2 = chaleur + CO2 (inévitable!). Une fois émis, le CO2 reste environ 100 ans dans l’atmosphère et s’accumule donc petit à petit. Ce gaz « effet de serre » piège la chaleur terrestre. Le température augmente et le climat est perturbé. Stabiliser la quantité atmosphérique de CO2 au niveau actuel demande de réduire de 70 % les émissions !
Nous venons ainsi, toujours selon le rapport du GIEC, de connaître durant ces douze dernières années des températures annuelles parmi les plus hautes depuis 1860. La température de la terre aurait augmenté depuis cette date de 0,75 °C. On estime par ailleurs que la température moyenne terrestre pourrait d’ici 2100 augmenter de 1,4 à 5,8 °C, selon les scénarios.

Évolution de la concentration de CO2 dans l’atmosphère.

GIEC – Rapport 2001
* »ppm CO2  » est l’unité de mesure de l’abondance du CO2 dans l’atmosphère, 370 ppm de CO2 signifie
« 370 parties par million », c’est-à-dire 370 molécules de CO2 pour 1 million de molécules d’air.

Évolution de la température moyenne dans l’hémisphère nord.

GIEC – Rapport 2001
*Avant 2000, l’enveloppe grise représente l’incertitude sur les observations, données, mesures.
Après 2000, l’enveloppe blanche représente l’ensemble des résultats possibles (issus de plusieurs modèles climatiques, pour tous les scénarios d’émission).

Scénario selon lequel l’accroissement de la concentration de CO2 est le plus élevé (consommation intensive des énergies fossiles) ; pour 2100 : abondance de CO= 970 ppm, changement projeté en température = + 4.5 °C (+/- 1.2). [scénario SRES A1FI].

Scénario « Business as usual »; pour 2100 : abondance de CO2 = 700 ppm, changement projeté en température = + 2.5 °C (+/- 1.3). [scénario IS92a].

Scénario selon lequel l’accroissement de la concentration de CO2 est le moins élevé ; pour 2100 :abondance de CO= 549 ppm, changement projeté en température = + 2.0 °C (+/- 0.6). [scénario SRES B1].

L’accroissement du taux de CO2 dans l’atmosphère a entraîné une augmentation de la température moyenne en surface sur Terre de + 0.6 °C depuis 1900 (GIEC – rapport 2001). Les projections sont effectuées à l’aide de modèles climatiques selon différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre.

Comment comprendre une telle évolution ?

Effet de déplacement de la moyenne de température. GIEC – Rapport 2001.

Le CO2 et d’autres gaz dits « à effet de serre » modifient la composition de l’atmosphère, piègent la chaleur terrestre au voisinage de la surface et intensifient donc l’effet de serre naturel. Cela entraînera au cours des décennies à venir, un réchauffement de la température globale en surface et des modifications dans le régime des pluies.

La probabilité d’événements aujourd’hui rares (sécheresses, inondations, vagues de chaleur,…) augmentera fortement.

Que représente un écart de quelques degrés de T° de moyenne ?

Lors de la période glaciaire, il y a à peine 20 000 ans, la température moyenne de la Terre était seulement 4° inférieure à celle d’aujourd’hui !

Une épaisse couche de glace recouvrait alors le nord de l’Europe, de la Russie et de l’Amérique.

… et ses impacts

Le changement de la température et les vagues de chaleur associées contribuent à la fonte des glaces, à l’élévation du niveau des océans et à tous les déséquilibres écologiques et climatiques qui s’ensuivent (inondations, perturbations des précipitations, désertification, salinisation,…).

L’augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes climatiques tels que les canicules, les ouragans et les tsunamis pourrait être des manifestations de ce réchauffement.

Élévation du niveau moyen des mers :

  • Inondations plus fréquentes des zones côtières
  • Invasion des sols et des nappes phréatiques par l’eau salée

GIEC – Rapport 2001. Elévation du niveau des océans selon les scénarii envisagés.

Tous ces changements ont en plus un certain nombre d’effets indirects :

  • migration des espèces animales et parfois de populations humaines,
  • disparitions de certaines espèces,
  • maladies,
  • parasites.

« Climate change and its impacts – Stabilisation of CO2 in the atmosphere »
(COP, october 1999) DETR (Environment, Transport, Regions) and the MET Office (UK).

Surface de végétation en voie de disparition en réponse aux changements climatiques dans le cas d’émissions non contrôlées (rouge), d’une stabilisation des émissions à 750 ppm CO2 (bleu) et à 550 ppm CO2 (vert). Il est à remarquer que la disparition de la végétation est significativement réduite pour une stabilisation des émissions à 550 ppm.

Intensification du cycle hydrologique :

  • D’avantage de sécheresses,
  • d’avantage d’inondations,
  • ressources en eau affectées,
  • agriculture affectée, (redistribution spatiale)
  • végétation malade.

La pollution

Depuis les années 60, des études ont mis en évidence les effets polluants des émissions continues qui, pouvant être transportées parfois sur de longues distances dans l’atmosphère, contaminent progressivement l’environnement.

On peut ainsi citer :

  • les pluies acides, provoquées par les émissions de SO2 et NOx,
  • la formation d’ozone troposphérique,
  • l’eutrophisation des eaux,

Des besoins énergétiques grandissants et des ressources limitées

Les besoins énergétiques mondiaux ne cessent d’augmenter. Le rapport de l’Organisation des Nations Unies prévoit pour 2050 une population atteignant les 9,3 milliards d’habitants dont 95 % devrait naître dans les pays en voie d’industrialisation. Or, la croissance annuelle de la consommation en énergie fossile dans ces pays atteint 6,2 % contre 0,5 % dans les pays industrialisés responsables à l’heure actuelle des trois quarts de la consommation énergétique mondiale.

De plus, les ressources de ces combustibles fossiles, responsables des menaces sur la Terre et son climat, ne sont pas inépuisables. L’observatoire de l’énergie a publié dans le BP Statistical Review de 2001 que, au rythme où l’on exploite actuellement les réserves prouvées, celles-ci seront épuisées en 40 ans pour le pétrole, 60 pour le gaz et l’uranium et 200 ans pour le charbon (combustible émettant le plus de dioxyde de carbone).
La demande croissante de ces combustibles ne saurait donc qu’en faire augmenter les prix et pourrait même être à l’origine de futurs conflits géopolitiques.