Introduction

La toiture inversée est une variante spécifique de la toiture chaude où l’ordre traditionnel des composants est modifié : l’isolant thermique est posé au-dessus de la membrane d’étanchéité, et non en dessous. Dans cette configuration, la membrane est directement appliquée sur le support (dalle ou élément porteur), jouant simultanément le rôle d’étanchéité à l’eau et de pare-vapeur.

Cette technique présente des atouts majeurs pour la durabilité du bâtiment, mais impose des contraintes spécifiques en termes de choix de matériaux et de mise en œuvre.

Une protection accrue de l’étanchéité

L’un des principaux avantages de la toiture inversée réside dans la préservation de la membrane d’étanchéité. Placée sous l’isolant, elle est protégée :

  • Des variations de température extrêmes (chocs thermiques) ;

  • Du rayonnement ultraviolet, responsable du vieillissement prématuré des matériaux ;

  • Des agressions mécaniques lors de l’entretien ou de l’usage de la toiture.

Les points de vigilance techniques

Contrairement aux autres systèmes, l’isolant est ici en contact direct avec les eaux de pluie. Cela nécessite l’utilisation exclusive de matériaux insensibles à l’humidité (comme le polystyrène extrudé – XPS) et l’installation d’un lestage (gravier, dalles) pour maintenir l’isolant en place et le protéger du vent ou de la flottaison.

Cette section explore les spécificités de la toiture inversée, particulièrement pertinente en rénovation, et détaille les règles de calcul et de pose indispensables pour compenser le léger refroidissement de l’étanchéité par les eaux de pluie et garantir une performance thermique optimale.

Schéma de la structure

Toiture inversée


La toiture chaude inversée désigne la toiture plate dont l’étanchéité est placée sur le support et dont l’isolant est posé sur l’étanchéité. L’isolant est donc mouillé par les eaux pluviales, ce qui diminue ses performances.

L’isolant est lesté.

  1. Lestage
  2. Natte de protection
  3. Isolant
  4. Membrane d’étanchéité
  5. Support

En cas de rénovation, dans un but d’amélioration de l’isolation de la toiture, la membrane d’étanchéité existante peut être conservée, si elle est encore bonne.

La membrane d’étanchéité fait en même temps office de pare-vapeur. La technique de la toiture inversée protège la membrane d’étanchéité contre les chocs thermiques et le rayonnement ultraviolet, et de ce fait, ralentit son vieillissement.

Les structures porteuses en matières végétales ou en fibres organiques et minérales liées au moyen d’un liant minéral, doivent avoir une épaisseur minimale de 18 mm afin de garantir une résistance thermique minimale de 0.2 m²K/W (NIT 134 p31).

Une couche filtrante d’une charge surfacique d’au moins 120 gr/m² est placée entre l’isolant et la couche de lestage et de protection.
Cette couche filtrante doit permettre la diffusion de vapeur, retenir peu d’eau et en rompre le film. Elle doit résister aux intempéries et être imputrescible.

Il est déconseillé de poser deux couches d’isolant. Il peut, en effet, y avoir entre les deux couches un film d’eau qui agit en barrière de vapeur provoquant ainsi l’imprégnation de la couche inférieure par l’eau.

La couche filtrante et la couche d’usure doivent être perméables à la vapeur pour éviter le même phénomène.

REM: La somme des résistances thermiques des couches situées sous l’étanchéité ne peut excéder 30 % de la résistance thermique globale afin d’éviter que de la condensation ne se forme avant l’étanchéité (vers l’intérieur). Lorsque les conditions climatiques intérieures sont très sévères (classe de climat IV) ou lorsque le support a un effet isolant, il est de plus nécessaire de déterminer par calcul l’absence de condensation sous l’étanchéité et l’absence de glace sous l’isolant.