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Le certificat PEB des bâtiments résidentiels existants évolue. À partir du 1er septembre 2026, la Wallonie y intègre un parcours de rénovation structuré vers un label A décarboné. Cette réforme prolonge la stratégie wallonne de rénovation à long terme et la nouvelle directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments. Tour d’horizon des grandes lignes, à destination des professionnels de l’énergie et du bâtiment.
Un cadre européen et wallon qui converge
La réforme du certificat ne sort pas de nulle part : elle s’inscrit dans une trajectoire réglementaire claire, à deux échelles.
Au niveau européen, la refonte de la directive sur la performance énergétique des bâtiments — directive (UE) 2024/1275 du 24 avril 2024, publiée au Journal officiel le 8 mai 2024 — fixe le cap d’un parc immobilier décarboné à l’horizon 2050. Elle impose notamment aux États membres de réduire la consommation énergétique du parc résidentiel et introduit un nouvel outil : le passeport de rénovation, une feuille de route détaillée organisant la rénovation profonde d’un bâtiment en un nombre limité d’étapes, jusqu’au bâtiment à émissions nulles. Les États membres doivent mettre en place ce dispositif au plus tard le 29 mai 2026.
Au niveau wallon, la stratégie de rénovation énergétique à long terme, adoptée en 2017 et mise à jour depuis, vise un parc résidentiel tendant vers un label PEB A en moyenne (Espec ≤ 85 kWh/m²·an) d’ici 2050, en cohérence avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 95 à 100 % par rapport à 1990. Cette stratégie prévoyait déjà explicitement de faire évoluer le certificat vers un « PEB+ » intégrant un scénario de rénovation et une estimation des coûts des travaux.
L’idée maîtresse : faire passer le certificat d’une logique descriptive (constater une classe énergétique) à une logique prescriptive et planifiée (indiquer comment progresser, dans quel ordre et à quel coût indicatif).
Ce que change le certificat « nouvelle génération »
Concrètement, à partir du 1er septembre 2026, le certificat PEB wallon des logements existants intègre un parcours de rénovation. Il ne s’agit plus seulement d’afficher un label, mais de proposer une trajectoire de travaux hiérarchisée et phasée.
- Des étapes ordonnées : les recommandations de travaux sont organisées dans un enchaînement logique et progressif, plutôt que sous forme de liste isolée.
- Un objectif clair : tendre vers un label A décarboné — un logement performant, correctement ventilé et affranchi des énergies fossiles pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire.
- Des coûts indicatifs : chaque étape est accompagnée d’une fourchette de prix indicative (hors TVA), pour aider à anticiper et planifier les investissements.
- Une présentation enrichie : le document met davantage en avant l’impact environnemental (émissions de CO₂) et la part d’énergie renouvelable produite sur site.
Point essentiel pour les professionnels : la méthode de calcul de la situation existante n’est pas modifiée. Le label reste déterminé selon la méthodologie en vigueur. Le parcours de rénovation vient se greffer au certificat sans influencer le résultat énergétique du bien ; il en constitue un prolongement opérationnel.
Une logique de rénovation par étapes
La rénovation profonde par étapes est précisément l’approche encouragée par la stratégie wallonne et par la directive européenne. Le parcours suit une progression cohérente avec les bonnes pratiques de l’efficacité énergétique :
- L’enveloppe d’abord — réduire les déperditions en traitant en priorité les parois les plus déperditives (toiture, murs, planchers, vitrages). C’est la base de toute rénovation performante : on diminue les besoins avant d’optimiser les systèmes.
- La ventilation et les systèmes — assurer un renouvellement d’air maîtrisé et remplacer les générateurs fonctionnant aux énergies fossiles par des solutions décarbonées (pompe à chaleur, etc.).
- Les énergies renouvelables et l’optimisation — mobiliser la production locale, notamment photovoltaïque, pour atteindre le niveau de performance visé.
Cette hiérarchisation — besoins, puis efficacité, puis renouvelable — est un principe fondateur de la conception énergétique, désormais traduit directement dans le certificat.
Certificat et audit logement : le parcours intégré au certificat offre une première vision, automatisée et standardisée, des travaux et de leur coût. Il ne remplace pas l’audit logement, qui reste l’outil détaillé et personnalisé pour affiner la stratégie de rénovation, traiter les cas complexes et accéder aux soutiens financiers.
Des cas particuliers à connaître
Tous les logements ne se prêtent pas au même niveau d’analyse automatisée. Pour les appartements et les biens dotés d’installations collectives (chauffage commun, eau chaude, photovoltaïque d’immeuble) ou soumis aux règles de copropriété, le parcours se concentre sur l’enveloppe du logement. Les recommandations relatives aux systèmes collectifs et, le cas échéant, les estimations budgétaires sont alors limitées : l’enjeu est d’inciter à une rénovation de l’immeuble dans sa globalité, qu’un audit pourra documenter précisément.
Ce que cela implique pour la filière
Pour les propriétaires et les acquéreurs, le certificat devient un véritable outil d’aide à la décision : il indique non seulement où en est le logement, mais aussi le chemin et l’ordre des travaux pour le faire progresser. Pour les professionnels — certificateurs, auditeurs, architectes, installateurs, accompagnateurs de rénovation — il offre un langage commun et une porte d’entrée vers des projets de rénovation structurés.
Cette montée en exigence suppose, côté certification, une collecte de données plus complète et une traçabilité accrue des justificatifs. Seuls les certificateurs agréés ayant suivi la formation organisée par l’administration wallonne pourront délivrer le certificat dans son nouveau format.
En résumé
Le certificat PEB wallon des logements existants entre dans une nouvelle ère le 1er septembre 2026. En intégrant un parcours de rénovation vers le label A décarboné, il matérialise au niveau du logement les objectifs de la directive européenne 2024/1275 et de la stratégie wallonne de rénovation à long terme. Sans bouleverser la méthode de calcul, il enrichit le document d’une dimension prospective : décrire l’état du bien, mais surtout tracer la voie vers sa décarbonation.
Pour aller plus loin
- Directive (UE) 2024/1275 du 24 avril 2024 sur la performance énergétique des bâtiments — EUR-Lex
- Stratégie wallonne de rénovation énergétique à long terme — energie.wallonie.be
- Le certificat PEB : quoi, quand, comment — L’Énergie en Wallonie
- La nouvelle directive PEB européenne — Union des Villes et Communes de Wallonie
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