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Un bâtiment peut être exemplaire et voir chacun de ses occupants arriver seul en voiture. C’est l’angle mort de la performance énergétique : la mobilité reste le principal poste d’émissions que la rénovation ne traite pas. Elle est pourtant en train d’entrer, pour de bon, dans le champ du bâtiment — par la réglementation PEB, par la fiscalité, par le dimensionnement électrique des parkings. Ce dossier rassemble les articles publiés par Énergie+ sur la mobilité bas-carbone et les infrastructures de recharge, du diagnostic des déplacements jusqu’au tableau électrique.
De quoi parle-t-on ?
La mobilité bas-carbone est souvent réduite à une question de motorisation : remplacer le thermique par l’électrique. C’est une partie de la réponse, et la plus visible. Mais pour un gestionnaire de bâtiment, le sujet se présente autrement — comme une chaîne de décisions qui part des déplacements réels des occupants et aboutit à des équipements très concrets : des bornes, un local vélo, une puissance de raccordement, un plan de déplacements.
Cette chaîne a longtemps relevé de la bonne volonté. Elle est devenue réglementaire. La quatrième directive sur la performance énergétique des bâtiments fait entrer les points de recharge et le stationnement vélo dans le champ de la PEB ; le budget mobilité s’étend ; la fiscalité des véhicules de société bascule. Pour un maître d’ouvrage, la question n’est plus de savoir si ces équipements arriveront, mais quand les installer — et surtout quoi pré-équiper pendant qu’un chantier est ouvert.
Le fil conducteur de ce dossier tient en une phrase : l’infrastructure se décide au moment du chantier, pas au moment du besoin. Un mètre de gaine posé pendant le gros œuvre coûte quelques euros ; le même mètre posé cinq ans plus tard coûte une tranchée, un arrêt d’exploitation et une négociation avec la copropriété.
Les enjeux pour un maître d’ouvrage
Connaître ses déplacements avant d’équiper. Le nombre de travailleurs, la distance domicile-travail, la durée moyenne de stationnement et la composition de la flotte donnent un besoin très différent d’un simple ratio appliqué au nombre de places. Diagnostiquer avant d’investir évite à la fois le surdimensionnement et le sous-équipement.
Anticiper la contrainte électrique. C’est le nœud technique du sujet. Passer d’une borne isolée à une borne pour deux places de bureau change l’ordre de grandeur de la puissance appelée. Avant d’envisager un renforcement de raccordement — long et coûteux —, il existe une marge de manœuvre considérable dans la gestion intelligente de la charge.
Ne pas oublier la mobilité active. Le vélo n’est plus un sujet d’urbanisme : c’est devenu une exigence PEB. Et c’est la contrainte la plus difficile à rattraper après coup, parce qu’elle réclame de la surface — à trouver au stade de l’esquisse, pas dans un recoin de sous-sol en fin de chantier.
Articuler équipements et démarche. Des bornes et un local vélo posés isolément produisent des équipements. Intégrés dans un plan de déplacements, avec un diagnostic et des indicateurs de suivi, ils produisent un report modal mesurable.
Le cadre en un coup d’œil
| Échéance | Ce qui s’applique |
|---|---|
| Depuis le 11 mars 2021 | Neuf et rénovation importante, plus de 10 emplacements : au moins un point de recharge en non-résidentiel, plus le gainage d’un emplacement sur cinq. |
| Depuis le 1er janvier 2025 | Exigence temporelle : les bâtiments non résidentiels existants de plus de 20 emplacements doivent être équipés, sans qu’aucun chantier ne soit nécessaire. |
| Depuis le 1er janvier 2026 | Fiscalité des voitures de société : fin de la déductibilité pour les véhicules émetteurs acquis en 2026 ; indemnité vélo portée à 0,37 €/km. |
| Directive PEB IV (UE) 2024/1275 | Abaisse le seuil à plus de 5 emplacements en non-résidentiel neuf, impose le précâblage de 50 % des places, jusqu’à un point de recharge pour deux places de bureau, et introduit un quota d’emplacements vélos. |
| 2027 | Extension annoncée de l’obligation de budget mobilité aux entreprises ; mise en conformité du parc non résidentiel existant au titre de PEB IV. |
Le point souvent manqué : l’obligation qui pèse sur les bâtiments non résidentiels existants depuis le 1er janvier 2025 ne se déclenche par aucun événement visible — ni permis, ni chantier, ni procédure PEB. Beaucoup de gestionnaires l’ignorent encore. C’est le premier écart à vérifier.
Les articles du dossier
1 · Comprendre le point de départ
Où en est la mobilité wallonne, et avec quels outils objectiver une situation.
La mobilité en Wallonie : enjeux et opportunités pour le secteur tertiaire
Une lecture du tableau de bord de la mobilité du SPW : la mutation du parc automobile wallon, et pourquoi le secteur tertiaire est identifié comme un levier déterminant pour accélérer la transition.
Le calculateur mobilité wallon
Présentation d’un outil régional d’aide à la décision : comparer objectivement les modes de déplacement et donner une base chiffrée aux arbitrages, plutôt que de s’en remettre aux impressions.
2 · Agir à l’échelle de l’organisation
La méthode, les leviers et le cadre financier d’une politique de mobilité d’entreprise.
Élaborer un plan de déplacements d’entreprise (PDE) en Wallonie
La méthodologie complète : diagnostic des trajets, obligations légales, familles de leviers d’action et indicateurs de suivi. Le document de référence pour structurer une démarche plutôt que d’empiler des mesures isolées.
Mobilité d’entreprise : au-delà de l’électrique, vers l’intermodalité
Pourquoi l’électrification seule ne suffit pas : la complémentarité entre vélo, covoiturage, transports publics et télétravail, et son effet sur les émissions liées aux déplacements.
Le budget mobilité : vers une obligation pour les entreprises dès 2027
Le mécanisme, ses trois piliers, et l’extension annoncée aux entreprises. Un dispositif qui transforme un avantage lié au véhicule en un budget de déplacement arbitrable par le travailleur.
Fiscalité 2026 des voitures de société en Wallonie
Déductibilité, cotisations CO₂, transition 2027 : le tableau comparatif diesel/électrique qui permet de comprendre pourquoi le basculement des flottes s’accélère.
3 · Équiper le bâtiment
De l’obligation réglementaire au dimensionnement, jusqu’à la puissance disponible au tableau.
Bornes de recharge et locaux vélos : ce que la directive PEB IV change
Le régime wallon en vigueur, le saut d’exigence apporté par la directive PEB IV, et la nouveauté majeure : l’entrée du stationnement vélo dans la réglementation PEB. Avec un tableau comparatif des deux régimes.
Combien de bornes de recharge installer dans un bâtiment tertiaire ?
Une méthode de dimensionnement fondée sur l’usage réel — nombre de travailleurs, durée de stationnement, type de véhicules — illustrée par le scénario d’un bureau de 100 employés.
Bornes de recharge pour véhicules électriques
La fiche de référence, actualisée aux standards actuels : puissances, connecteurs Type 2, CCS, CHAdeMO, et ouverture vers la recharge bidirectionnelle.
Optimisation de la charge : comment éviter la surcharge électrique ?
Limitation dynamique de puissance, priorités entre utilisateurs, report nocturne : comment accueillir davantage de bornes sans renforcer le raccordement, illustré sur un immeuble administratif.
4 · Articles transversaux
Ces deux articles concernent autant la mobilité que l’axe réseaux de chaleur. Ils figurent dans les deux dossiers.
La DPR Wallonie 2024-2029
Décryptage de la Déclaration de politique régionale sous l’angle énergétique : Comité Électromobilité, électrification du transport public, rétrofit, et liens avec les échéances PEB.
Souveraineté énergétique : le renouvelable au cœur de la stratégie européenne et belge
Le cadre dans lequel s’inscrivent les deux axes de ce programme : pourquoi l’électrification des usages et la production locale d’énergie relèvent d’un enjeu de souveraineté autant que de climat.
Pour aller plus loin sur le site
- Dossier thématique : les réseaux de chaleur décarbonés en WallonieLe second axe du programme en cours, avec lequel ce dossier partage ses articles transversaux.
- Le certificat PEB wallon devient un parcours de rénovation vers le label ALe contexte réglementaire plus large dans lequel s’inscrivent les exigences d’électromobilité.
Ce qui vient
Plusieurs sujets sont en préparation pour compléter ce dossier : le V2G et le V2B, quand la voiture électrique devient une batterie pour le bâtiment ; le couplage entre recharge et photovoltaïque, pour piloter la charge sur la production solaire du site ; l’aménagement d’un stationnement vélo performant, du dimensionnement du local à la recharge des vélos à assistance électrique ; et les communautés d’énergie, qui permettent de mutualiser des bornes à l’échelle d’un quartier.
Une suggestion de sujet, une question sur un projet en cours ? L’équipe d’Énergie+ lit tous les messages reçus via le site.